Revue de presse

Journal de Morges du 3 juin 2005 - Peinture entre terre et ciel

"Entre terre et ciel", c'est sous ce titre que l'artiste bussignolaise Eliette Zingre présente, à la cafétéria du bâtiment EL de l'EPFL, à Ecublens, une trentaine de toiles qui resteront aux cimaises jusqu'au 24 juin. C'est à l'initiative de Patrick Léonard que la créatrice peut ainsi montrer ses oeuvres les plus récentes là même où elle exerce son activité professionnelle depuis quelques années.

Si Eliette Zingre vit à Bussigny depuis une quinzaine d'années, c'est à Neuchâtel que, toute petite fille, elle s'est mise à dessiner. Elle a attiré ainsi l'attention d'un professeur qui lui a suggéré de fréquenter l'Académie Maximilien de Meuron. Elle s'y est d'abord initiée au pastel avant de passer à l'aquarelle, sous l'égide d'un artiste neuchâtelois, Pierre Beck. Sa vie professionnelle avait pris bientôt une autre orientation mais, pour citer le texte que lui consacre Mihaela Tanasescu dans le journal interne de l'EPFL : "Eliette ne s'est jamais perdue."

A Bussigny, elle a créé son atelier-galerie de Saint-Germain, où la rejoignent, une fois par semaine, onze dames auxquelles elle enseigne l'aquarelle. Enhardie par le succès qu'ont remporté ses expositions, elle a alors décidé, vers 2001, d'abandonner d'abord cette technique pour passer à l'acrylique et ensuite ce qui avait été longtemps ses sujets de prédilection, le paysage, la nature morte, les portraits de chats. Dira-t-on que cette peinture "grave et aérienne à la fois" est abstraite? L'artiste nous y autorise. Mais Eliette Zingre, "portée par le flot de ses intuitions et inspirations", évoque sans cesse, dans ses "contes éphémères", le monde qui nous entoure, un univers tantôt végétal, tantôt minéral. Et si l'artiste écrit un poème en contrepoint de chacune de ses peintures, celles-ci sont en elles-mêmes d'une grande éloquence. Rien n'est plus caractéristique, à cet égard, qu'une grande toile à dominante bleue à laquelle quelques giclées de couleur vive donnent beaucoup de dynamisme. L'artiste a intitulé cette oeuvre Naissance d'Energie. Il faut noter qu'elle n'est plus à vendre. Elle a été acquise par l'EPFL.

CHR

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Flash n° 8 - Journal interne de l'EPFL- 24 mai 2005

Entre Ciel et Terre, l'imagination est reine à St-Germain

Le jour où petits et grands se font des canulars, Eliette Zingre fait son entrée dans le monde, accrochée à sa première boîte de couleurs. C'était en 1953, au printemps.
Petite fille, elle dessine. Les amis l'encouragent, un de ses professeurs la remarque et la conseille. Elle suit des cours à l'Académie Maximilien de Meuron. C'est le temps des pastels, des aquarelles figuratives et des natures mortes. Chaque jour ses traits de crayon évoluent, s'affinent.
La vie la secoue, la malmène parfois, mais Eliette Zingre ne se perd pas. Exposition après exposition, de la Cave de la Cornalle à Epesses en passant par son Atelier St-Germain à Bussigny, pour rebondir dans la Galerie d'Art La Spirale à Vevey ou à la Galerie Al Parco à Locarno, son horizon s'élargit, son expérience s'enrichit, sa peinture se modifie, son travail gagne en caractère.
L'année 2001 représente un tournant. Au fil des mois, le réel se laisse peindre jusqu'à ce qu'il ne reste qu'une ligne vagabonde qui part en vrille, fait des triangles, des ronds ou des bonds, des spirales et des cabrioles vertigineuses.
Eliette Zingre avance, travaille plus vite, son pinceau soyeux, nerveux ou calme, scintille, joue, sautille. Les lignes tracées deviennent mouvements osés ou arabesques délicats, tissant sans cesse un canevas fin de broderies gracieuses.
L'espace peint vibre entre deux plans de couleurs qui s'entremêlent. Un couteau rapide et cruel, porté par le flot de ses intuitions et inspirations, trahit, sans reproche, sa mission première. Il coupe sans découper, s'installe, étale, sépare pour mieux réunir et superposer les couches, brouille les pistes. La composition génère son conte éphémère.
Les couleurs chaudes ou froides, tantôt tourmentées, tantôt apaisées, ondoient dans le mélange heureux de teintes de lueurs du printemps et de l'automne. Quand le rouge incendiaire se déplace, la toile semble s'embraser de l'intérieur, le personnage imaginaire est englouti, la réalité se transforme, les paysages chimériques que l'on a dans le sang se dévoilent. L'ambiance est surprenante. Sous une apparence féerique, le décor gagne en énergie.
Charmé, le spectateur contemple, tente de chercher une ensorceleuse, soupçonne une fée qui serait encore par là, mais ce n'est que l'invisible couleur de la grâce, devenue, avec le temps, émotion sincère de la couleur bleue, clin d'œil de vie, maîtresse des lieux célestes ou océaniques.
L'air bleu des cieux ou des fonds des océans plane. Sensation de repos. Silence intense.
De temps à autre, entre ciel et terre, il arrive que les ombres envahissent peu à peu la toile. Un combat inégal est esquissé avec la lumière. Un vol de papillons guide le regard vers la rencontre avec le lever du soleil, synthèse de toutes les couleurs. L'existence palpite sous la puissance du violet, la sérénité du bleu, la renaissance du vert, la sagesse du jaune, le dynamisme du rouge ou la force de l'orange.
En surimpression, un halo d'énergie ondule sur une planète acquise aux nouvelles technologies. Les traits ombrageux se dissipent. L'adieu est fait au passé. Le rendez-vous est pris avec le futur, la beauté.
C'est une peinture grave et aérienne à la fois, une bouffée d'air, un instant de liberté, une farandole où le fantastique est roi et l'imagination reine.
Il faudrait aller voir les tableaux exposés d'Eliette Zingre ou la surprendre dans son Atelier St-Germain à Bussigny, surtout le jour où elle partage ses connaissances avec ses élèves, des passionnés comme elle.

Mihaela Tanasescu
Service académique

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Journal de Morges du 16 septembre 2003 - Découvertes acryliques à Vevey

Eliette Zingre soumet actuellement au public ses créations les plus récentes, à la Galerie la Spirale à Vevey, dont elle partage les cimaises avec un créateur domicilié à Renens, Martin Schlatter.

Ceux qui connaissaient l'artiste bussignolaise et qui iront découvrir les peintures a l'acrylique qu'elle propose ne cacheront sans doute pas, devant son évolution récente, un étonnement qu'ont déjà exprimé les personnes présentes au vernissage. Connue d'abord pour pratiquer l'aquarelle - qu'elle enseigne dans son atelier de St-Germain - Eliette Zingre s'est mise à l'acrylique depuis quelques années. Mais il y a peu de temps encore, elle en usait dans des paysages où elle ne craignait cependant pas de simplifier les lignes que lui aurait proposées un simple relevé naturaliste du coin de terre qui l'inspirait. Cette fois, elle a vraiment franchi une frontière: même si les connaisseurs n'aiment plus cette façon de parler, on se fera comprendre en disant qu'elle a abandonné le figuratif pour le non-figuratif. Elle dit ne créer qu'en s'accompagnant d'un fond musical, celui-ci pourrait bien être l'inspirateur de ces peintures d'une incontestable densité. Des images sans référence directe à la réalité visible mais douées d'un grand pouvoir d'évocation. Naturellement, celui qui les regarde y trouvera une allusion qui n'est peut-être pas toujours celle que l'artiste y a mise ou y a découverte.

"Mes titres, avoue Eliette Zingre, je les imagine parfois au moment où je me mets au travail, parfois quand la toile est achevée. Je n'ai aucun dogme à ce propos" C'est ainsi qu'un amateur a vu, dans certaine œuvre, un paysage urbain. Il est allé même jusqu'à parler de Sainte-Sophie ou de la basilique Saint-Marc et a donc été surpris de découvrir ce titre: Au Septentrion. Et ce qui peut paraître être une prairie estivale évoque pour sa créatrice Le solstice d'hiver. En revanche, chacun a pensé à la mer devant Au toucher des Sirènes. Car bien des tableaux rappellent des vagues, des orages, des incendies, un monde plus dynamique que tranquille. Et le geste de la créatrice se lit toujours dans ces toiles, généralement d'assez grand format. Encore qu'Eliette Zingre propose aussi quelques tableaux de quelques centimètres carrés, aussi vigoureux que les autres.

A quelqu'un qui lui demandait malicieusement "Que penseraient vos maîtres de l'Académie De Meuron?", l'artiste a répondu "Je n'en sais rien. Et cela ne m'importe pas. Ma vie a suivi son cours, mon esprit a évolué. Quand on est vivant, on change! Quant à mes élèves… eh bien, si l'un d'eux veut prendre la direction où je me suis engagée, je l'accompagnerai et je tâcherai de l'aider".

CHR

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Journal de Morges du 15 septembre 2000 - A la mémoire d'Antoine Melon

Egayé par les airs latino-américains des guitaristes Guy Voumard et Gérald Bellamar, le vernissage de l'exposition Eliette Zingre a attiré un public très nourri, vendredi 1er septembre, à la Galerie St-Germain. Dédié à la mémoire du peintre Antoine Melon, cette exposition est aussi l'occasion de faire un geste généreux. Trois œuvres ont été mises à part et récompenseront trois des donateurs qui auront pensé à Transport Handicap Vaud.

Ceux qui suivent le travail de l'artiste depuis des années ont pu discerner chez elle une certaine évolution. Maintenant, elle pratique la peinture à l'acrylique autant que l'aquarelle, et parfois dans d'assez importants formats, comme ces deux vues du Dézaley et cette image de la Vallée de Joux où Eliette Zingre s'est affranchie d'un trop scrupuleux respect de la vérité géographique.

D'autre part, il est possible que ses aquarelles soient devenues plus contrastées, jouant avec des couleurs plus soutenues. Sans d'ailleurs ne rien perdre d'une délicatesse de touche qui fait merveille, par exemple dans les paysages hivernaux glanés dans le Gros-de-Vaud.

Le chat reste un des sujets préférés de l'artiste. Si le héros d'un grand pastel est bel et bien endormi, si d'autres minets semblent faire assaut de coquetterie, une œuvre intitulée "Dans l'attente" rappelle que le chat, à l'origine, est un prédateur.

L'artiste a passé, en juin, deux semaines sur la Côte d'Emeraude, en Bretagne. "Quinze jours de parfait beau temps", précise-t-elle. Cependant, dans la belle moisson d'images qu'elle a engrangée (des ports, des bouts du littoral, des voiliers cinglant vers la mer) le ciel n'est jamais sans sa petite traînée de nuages. Voilà une tout autre tonalité par rapport à l'Italie, qui l'a inspirée autrefois, et même par rapport à sa région de prédilection.

Car même si Eliette Zingre aime les champs, les bois et les villages de la proche région, ce qui l'inspire surtout, c'est Lavaux. Il semble qu'elle en a exploité tous les recoins, même les champs qui sont au-dessus des vignes et d'où parfois on ne voit pas le lac, devinant seulement qu'il doit se trouver quelque part plus bas. Et elle a peint ce petit coin de terre à toutes les heures de la journée, par tous les temps et surtout sans oublier les ciels annonciateurs de l'orage, à toutes les heures du jour. Avec un telle gamme d'impressions, l'artiste peut être personnelle et originale à partir d'un sujet qui a été peint et repeint maintes fois déjà.

De même, elle n'a négligé aucune saison. Si certaines images d'arrière-automne sont très séduisantes, on peut encore leur préférer ce qu'Eliette Zingre appelle Lavaux exotique soit Lavaux sous la neige. (Même de nos jours, ça arrive!). l'absence de végétation souligne la rigueur géométrique des échalas bien alignés et des murets. C'est rappeler à quel point une architecture rigoureuse semble être à l'origine d'un paysage dont un Vaudois disait, après avoir fait le tour du monde: "j'ai bu bien des endroits magnifiques. Mais rien ne vaut la tête de notre lac, vue de Chexbres ou de Grandvaux."

CHR

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Journal de Morges du 4 septembre 1998 - Adieu cher Léonard

Pour la première fois, Mme Eliette Zingre présente ses propres œuvres dans son atelier. Au centre de son exposition, une trilogie sur le thème de la mort d'un chat.

Le point fort de l'exposition est une trilogie inspirée du sort d'un chat, Léonard, décédé après avoir été empoisonné. Chacune des toiles représente le félin, peint sous le même angle, mais entouré de couleurs et d'objets différents. Sorties tout droit de l'imagination de l'artiste, ces représentations sont imprégnées de nombreux symboles. Les couleurs tout d'abord, avec lesquelles Mme Zingre joue pour signifier la vie, le voyage vers l'au-delà et la mort. La taille de l'animal et des nuages, qui diminue toile après toile, afin de symboliser la disparition de Léonard. Enfin, les objets qui entourent le chat, comme la Tour Eiffel, le Parthénon, un piano ou encore le Colisée, créent des ambiances et attribuent des qualités au félin. A l'image de la "Divine Comédie" de Dante, la trilogie entraîne le spectateur dans un voyage à travers le paradis et l'enfer.

Les trois toiles sont entourées de toute une série d'aquarelles et d'acryliques représentant surtout des paysages. Fascinée par les pays du Sud et le Lavaux, l'artiste peint ces régions avec beaucoup de poésie et de finesse. Les jeux de couleurs et de lumière imprègnent ses tableaux de toutes les atmosphères: soleil, pluie, orage, jour ou nuit, chaleur ou froid. Beaucoup de mouvement également dans ses œuvres. Selon son humeur, la peintre crée des impressions de vie, de turbulences ou de totale quiétude.

SP

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Chronique de Pully-Lavaux du 11 septembre 1997 - Exposition à la cave de la Cornalle

Epesses, les vignes et le soleil, quel plus bel endroit pour accueillir une exposition de peinture. Vendredi dernier, la famille Louis-Philippe Rouge et fils nous recevait à sa cave, transformée en galerie pour l'occasion, pour le vernissage d'Eliette Zingre. L'artiste a passé son enfance à Neuchâtel et c'est au collège qu'un professeur remarque son aptitude au dessin et l'encourage à suivre des cours. Puis les années passent, Eliette choisit une autre voie professionnelle et fonde une famille. Mais très vite elle se tourne à nouveau vers l'art pictural et son goût marqué pour les ambiances teintées de douceur la mène naturellement à la technique du pastel.

C'est en 1995, alors qu'elle est installée dans le canton de Vaud depuis quelques années, qu'Eliette fait la connaissance de la famille Rouge et c'est là que l'envie de peindre les vignobles lui vient.

Elle nous présente aujourd'hui une soixantaine de tableaux consacrés à notre cher district, mais aussi à la Provence et l'Italie dans différentes techniques allant de l'aquarelle au pastel en passant par quelques miniatures acrylique très puissantes.

TB

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Journal de Morges du 5 septembre 1997 - Sentiments au gré des saisons

Dès le 5 septembre et jusqu'à la fin de novembre, une promenade dans le Lavaux permettra aux amateurs d'art de marier le plaisir des papilles avec celui de l'œil. Dans sa Cave de la Cornalle, à Epesses, Louis-Philippe Rouge, vigneron-encaveur, acceuille les œuvres d'une artistes bussignolaise, Mme Eliette Zingre.

D'origine neuchâteloise, Eliette Zingre, vit ses dons pour le dessin repérés par un enseignant qui l'incita à suivre les cours de l'Académie de Meuron. Une vocation professionnelle tout autre, puis la maternité l'écartèrent quelque temps de cette activité mais elle retrouva bientôt l'envie de créer et s'initia au pastel, puis, avec l'artiste neuchâtelois Pierre Beck, à l'aquarelle.

Si les bouquets qu'on offre à Eliette Zingre ont toutes les chances d'être immortalisés, si elle aime dénicher des coins pittoresques de nos bourgades, elle est surtout paysagiste, afin, dit-elle, "de dépeindre en couleur mes sentiments au gré des saisons". Et elle ajoute : "L'aurore, le zénith et le crépuscule furent mes complices comme le pollen, l'abeille et la fleur le sont du fruit à naître".

A côté d'incursions en Provence ou en Italie du Nord, l'artiste quête le motif sans beaucoup s'éloigner de Bussigny, avec une nette prédilection pour le Lavaux. Certes, quelques œuvres "estivales" sont fort belles comme ces prairies de Vullierens, mais il semble que l'automne et l'hiver (ou alors l'orage tel celui qui tombe sur Glérolles) sont des inspirateurs privilégiés. Témoin ce Lac de Bret qui sert d'affiche à l'exposition, ces sapinières du Jorat, ces vignes dépouillées, voire enneigées, ces bords du lac avec des arbres dénudés. "En hiver, dit Eliette Zingre, les arbres n'ont plus leur déguisement; on voit lesquels sont vraiment beaux!"

Si l'on verrra surtout des aquarelles, l'artiste use aussi d'autres techniques: la craie à l'huile par exemple. Il y a aussi quelques pastels fort vigoureux (Chant de printemps) et des œuvres à la peinture acrylique, dont des petits formats d'une grande densité (Empreinte blanche).

L'artiste a aussi fait un essai d'art appliqué: on pourra acquérir, à la Cornalle, un vin qu'elle a habillé. Et il y a autant de soleil sur l'étiquette que dans le blanc de la famille Rouge.

CHR

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